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6 - LA GUERRE DE 1870

L’INCORPORATION DES JEUNES AVANT 1870

A cette époque, le service militaire dure à long terme. Il est de sept années puis en 1868, celui-ci est ramené à cinq ans avec un maintien dans la réserve pendant quatre ans. Une partie du contingent est seulement incorporé. Le tirage au sort désigne ceux qui partent et ceux qui restent. Les mauvais numéros peuvent se faire remplacer à prix d’argent. Une Loi tente de mette sur pied mais en vain, des réserves créant une garde mobile comprenant tous les hommes valides dispensés du service actif : cette garde n’étant pas organisée. Ainsi en 1870, cette réserve n’a aucune instruction militaire et ne figure que sur les documents. Cependant elle est mobilisable et à la déclaration de guerre, ces mobiles ainsi peu exercés rejoignent leurs dépôts. A Raon, leur départ est émouvant. Ils se réunissent sur la place de l’Église (place Robert Tisserand) et partent pendant que la population chante « la Marseillaise » alors que cette dernière est interdite durant toute la durée de l’Empire. 

Le 6 août 1870, l’Alsace et la Lorraine est livrée à l’ennemi. A Raon de ce mois d’août, il est redouté de voir les prussiens (allemands) car il n’y a aucune troupe française dans les Vosges permettant de stopper ce danger devenant menaçant. Une seconde Loi du 19 août décide d’organiser une garde nationale sédentaire dans chaque commune pouvant gêner les communications de l’ennemi et apporter quelques appui aux troupes. La commission qui assure le recrutement de la garde nationale de Raon est nommée le 25 août où trois compagnies forment un bataillon de 343 hommes. Le dimanche 4 septembre, il est choisi comme commandant, Adrien SADOUL. Comme capitaines, les notaires COSSON Lucien et Arthur THOUVENIN puis CHRISTOPHE Émile commerçant. Ces officiers essayent de donner cohésion mais manque d’expérience militaire et les hommes sont mal équipés, mal armés. La garde nationale de Raon ne joue donc aucun rôle à l’arrivée des allemands pour disparaître ensuite. Les soldats de la défense succombent devant une armée instruite, entraînée, aguerrie. Ainsi la chute de l’Empire et de la proclamation de la République est connue à Raon le 5 septembre 1870.


CONSCRITS DE CLASSES RAONNAISES
( 1902 – 1918 )

Ce mot conscrit signifie dans le langage courant, l'ensemble des personnes nées la même année. Le terme est également utilisé par extension, pour ceux dont l'âge se termine par le même chiffre. De même, les personnes nées la même année sont appelées sous les drapeaux au même moment et font donc leurs classes en même temps. Une classe représente l'ensemble des individus nés la même année. L'année des 20 ans est le moyen d'identification d'un ensemble de conscrits : ainsi la classe 2006 (parfois appelée la 06) désigne l'ensemble des conscrits fêtant leurs 20 ans en 2006 (donc nés en 1986). Avant de partir à l’armée, les jeunes gens de chaque commune se réunissent et font la fête.

Classe raonnaise le 23.01.1902

Classe raonnaise de 1918
Conscrits de 1956
ARRIVÉE DE L'OCCUPANT


Le 15 septembre, un détachement allemand s’avance vers Bertrichamps (54). 
En ce même mois, une foule de combattants d’origines diverses, engagés volontaires, mobiles, francs-tireurs, soldats de l’armée régulière affluent dans le département. 
Dans la seconde quinzaine de septembre, ces forces formant le 2ème bataillon des mobiles de la Meurthe ayant pour chef un ancien officier d’artillerie, le commandant BRISSAC, se trouvent réunies dans la ville et les secteurs environnants de Raon et ne tardent pas à rencontrer les troupes allemandes. 
Le 22 septembre, une dépêche informe le commandant BRISSAC, qu'une colonne ennemie de prussiens menace Raon. Ce fait décide l’officier à marcher avec sa troupe le lendemain matin dans la  direction indiquée  pour prendre  position au Rouge-Vêtu d'où il peut couvrir la ville tout en surveillant les chemins de Baccarat et de Badonviller. 
A Raon, il est bien avisé d’une présence réelle des Badois à Celles. Une reconnaissance de cavalerie en est chassée le matin par les gardes nationaux. La chaleur étant accablante, les troupes prennent le café et une heure de repos avant de se porter en avant et mener un combat à la scierie de Lajus.


Francs-tireurs attaquant un convoi

Arrestation de contrebandiers


EXTRAIT DES COMBATS DE LAJUS ET DE RAON

Le 23 septembre, le major ELERN envoie vers la vallée de la Plaine, un détachement de deux compagnies des mobiles de la Meurthe et de francs-tireurs de Neuilly, qui pour leur baptême du feu se heurtent aux allemands près de la scierie Lajus. Vers 14 heures 30, un combat s’engage sous bois et dure quatre heures jusqu’au replie de l’ennemi. La perte française est insignifiante : quatre hommes tués et trois blessés au 2ème bataillon. L'un d'eux, ENEL atteint d'un coup de feu à la jambe et transporté à la scierie Lajus, est arraché de son lit par les prussiens, jeté par la fenêtre puis fusillé à bout portant. ENEL vient d'être pansé par le docteur GAUTHIER, il a reçu sept coups de fusil et deux coups de baïonnette; il fait le mort, les prussiens l'abandonne. Véritable colosse, il est encore très bien portant. Quatre jours plus tard, un nouveau combat a lieu en avant de Raon. Après celui-ci, deux colonnes du 2ème bataillon de la Meurthe rentrent à Raon ; une compagnie du 2ème bataillon de la 2ème compagnie et les francs-tireurs de Colmar cantonnent à Celles afin de tranquilliser les habitants qui craignent d'êtres attaqués pendant la nuit. 

Dans cette journée, les francs-tireurs de Colmar prennent pour guide un nommé STRABACH Antoine, bûcheron à Pierre-Percée (54). Il vient s'offrir lui-même mais il a, en venant à Raon, précédé les allemands puis fait sur les sapins avec sa serpe et pour les guider, des marques que leurs éclaireurs suivent. Il est ainsi accusé d’avoir aidé l’ennemi en le renseignant sur les mouvements des soldats français par un marquage d’inscriptions «A ou R» sur les arbres, signifiant de ces lettres l’avance ou la retraite. Après avoir disparu pendant le combat mais au moment où il pille les hardes du sagard (scieur), il est reconnu par un des blessés français transporté à la scierie de Lajus. Arrêté le surlendemain, cet homme est condamné à mort par le commandant PERRIN puis fusillé par les francs-tireurs soit exécuté devant Raon le long de la Meurthe près du moulin, le 2er octobre 1870. Il avouera avoir reçu 30 à 50 francs par jour pour prix de sa trahison. 

A Raon, le commandant BRISSAC trouve les francs-tireurs lorrains et ceux du Doubs qui viennent d'arriver. Dès son arrivée dans la commune, BRISSAC télégraphie immédiatement au préfet des Vosges et au général, commandant la 7ème division militaire à Besançon pour demander des renforts. Le 24, le 3ème bataillon des Vosges sont envoyés sur Raon où se trouvent déjà deux compagnies du 4ème bataillon de Saône-et-Loire. C'est à peu près les seules troupes disponibles à ce moment. Après le combat de Lajux, un détachement de 600 hommes saxon occupe Azerailles (54) contre lequel le  commandant BRISSAC risque une attaque de nuit. Dans la soirée du 26, le 2ème bataillon de la Meurthe, la 4ème compagnie du 3ème bataillon des Vosges et les francs-tireurs du Doubs se réunissent à la maison forestière du Rouge-Vêtu où l'ordre est donné de se tenir prêt à marcher vers une heure du matin. 

Mis en marche à l'heure prescrite, les francs-tireurs mirent aussitôt le désordre dans la colonne. Scindée en deux parties, la première disparaît sous bois, la seconde poursuivant vers Azerailles (54) où elle arrive au point du jour avec le commandant, suivie par quelques hommes dévoués. Ne pouvant attaquer avec un effectif si faible, cent cinquante hommes environ, il ne peut demeurer plus longtemps à proximité de l'ennemi. Après quelques mots pleins d'amertume sur la conduite des cadres et des troupes, il ordonne la retraite… sur la maison du Rouge-Vêtu et Raon où l'on retrouve la moitié de la colonne rentrée pendant la nuit.. La compagnie de Bertrichamps manque au rendez-vous ; le lendemain, elle doit abandonner son poste et découvrir Raon. Cet abandon décide le chef du détachement d'Azeraille à attaquer Raon. 

Le 26, pendant cette opération, MM. Les capitaines GRIDEL et VERDELET, des 2ème et 7ème compagnies, accompagnés de huit hommes choisis dans le 2ème compagnie et d'un gendarme de Raon muni de ses pistolets et de ses menottes, étaient en mission à Baccarat pour arrêter un espion et reconnaître la ville visitée toutes les nuits par le détachement d'Azerailles (54). A dix heures du soir, ils avaient trouvé la grand'garde tenue à Bertrichamps (54) par une compagnie des gardes mobiles des Vosges (blouses blanches). A leur retour, vers deux heures du matin, il n'y avait plus personne, la compagnie s'était repliée sur Saint-Dié (88) sans ordres et sans qu'on ait jamais su pourquoi. 

Le lundi 27 septembre, la grand'garde n'étant pas été remplacée, des cavaliers Badois s'approchent impunément de l'entrée de la ville à portée de pistolet. Les renseignements ne manquent pas ; Vers huit heures, deux habitants accourent à travers les bois de Gramont et du Petit-Reclos, informent que le détachement ennemi avec deux pièces de canon rejoint Raon pour l’attaquer. Vers 12 heures, des forces importantes allemandes s’avancent vers Raon. Mais malgré les informations reçues, les troupes françaises ne se mettent en marche qu'à midi sonnant vers Baccarat. Le commandant BRISSAC avec ses mobiles de la Meurthe se porte en avant de la ville. Les francs-tireurs de Colmar et quelques gardes nationaux raonnais se rendent à la côte Beauregard. Le bataillon de la Meurthe alors à peine atteint les maisons du faubourg de Lunéville que deux ou trois braconniers du Clairupt (54), le fusil à la main, leurs annoncent qu'ils viennent de tirer sur des cavaliers que l'on aperçoit déployés à faible distance en travers de la route. A ce moment, deux pièces ennemies en batterie au Clairupt (54), au Sud de la cote 347, à 1500 ou 1800 mètres, lancent des obus sur les troupes et sur le faubourg. En arrière de la batterie, on distingue un bataillon en mouvement. Pris de panique, les mobiles de jètent en désordre dans les bois au Nord de la route mais le sang-froid du commandant BRISSAC arrête fort à propos, ce commencement de terreur et ramène ces hommes au feu. Les francs-tireurs de Luxeuil (70) vont occuper la rive gauche de la Meurthe, ceux de Colmar et les gardes nationaux de Raon descendus pour tirailler dans la vallée, remontent les pentes puis regagnent la lisière du bois ; une moitié du bataillon de la Meurthe est détachée pour les appuyer, l'autre moitié va prendre la tête du faubourg de Lunéville ; Là puis à l'intérieur de la ville, sept barricades sont été élevées par les soldats et  les habitants. Des tireurs  occupent les fenêtres  des maisons qui  les dominent. Les francs-tireurs  de Neuilly se retirent à gauche du faubourg entre la voie ferrée et la rive gauche de la Meurthe. Le gros des forces allemandes tiennent la côte du Clairupt et la lisière des bois. Débouchant du bois, des haies, les allemands marchent vers les ruines du château Beauregard  à Raon d'où ils menacent la droite des défenseurs. 

Vers 16 heures, leur feu se ralentit. Soudain, des fantassins viennent sous nos balles relever les morts et les blessés. Posté dans le clocher d’église de La Neuveville, le lieutenant ANTOINE  de la garde nationale, annonce une retraite définitive des allemands. Redoutant un combat de rues, fixé sur la situation de Raon, le major ELERN se replie sur Baccarat. Le bataillon de la Meurthe suit l'ennemi jusqu'à Bertrichamps (54). Une de ses compagnies se retranche au Clairupt (54). Le brillant officier qui commande la cavalerie badoise, atteint d'une balle, expire le soir en passant à Baccarat (54). Dans les rangs français, il est compté encore trois morts et quelques blessés. Au cours de cette journée, Raon est bombardée mais cette canonnade est inoffensive. Cinquante deux obus tombent sur La Neuveville-lès-Raon causant des dégâts matériels nuls et sans victimes. 

C’est durant ce combat que le commandant PERRIN, officier d’artillerie, truculence faite homme, est envoyé dans les Vosges pour prendre la tête des troupes en place. Fait prisonnier auparavant par l’armée allemande,  il fausse compagnie  à l’ennemi en sautant  d’un train pour s’échapper. Il est ensuite réaffecté puis arrive à Raon l’Étape où il reçoit le commandement des forces qui s’y trouvent. Toujours un énorme bâton en main, cet homme est surnommé par les soldats le «père la trique». Sur place, il dirige donc les troupes cantonnées à Raon, grossies par les francs-tireurs du Doubs et du 3ème bataillon des mobiles des Vosges. 
Le jour même de son arrivée, PERRIN organise la défense de la ville. 

Le commandant PERRIN

Des bois de la Haute-Neuveville jusqu’à Thiaville sur Meurthe, il renforce la rive gauche de la Meurthe par la construction d’un grand ouvrage et l’implantation de tranchées établis nuit et jour par des soldats puis la population. Cependant, il est ensuite impossible de résister envers les 3ème et 6ème régiments d’infanterie badoise, deux escadrons de la garde ducale  et deux batteries d’artillerie  détachés sur  Raon l’Étape, dirigés gés par le général DEGENFELD. Les communes s’attendent à voir arriver les allemands. 
Dans la nuit du 3 au 4 octobre, les mobiles et francs-tireurs de PERRIN quittent la ville pour se replier sur Saint-Rémy (88). A minuit, les clairons sonnent la générale, les soldats sortent des maisons, de grands feux sont allumés dans les rues, les francs-tireurs de Colmar chantent un adieu en patois alsacien et vers 5 heures, une détonation se fait entendre : c’est le pont de Thiaville qui saute. Dans la journée du 4 octobre 1870,  apparaît les premiers allemands.  Deux cavaliers d’avant-garde viennent de Celles sur Plaine et se rendent sur la place de l’Église (place Robert Tisserand). Au café des Vosges, ils se font servir une bière puis ils décrochent le drapeau de l’Hôtel de Ville pour repartir en emportant celui-ci. A la vue de ces allemands, le sonneur BOQUEL sonne le tocsin afin d’appeler les habitants à la résistance. Certains répondent à l’appel et se portent en avant de La Trouche en lisère de forêt. Ils ouvrent le feu sur l’avant-garde allemande. Il s’agit du tisserand LOUVIOT Joseph et de l’ancien sous-officier des zouaves RICHARD Jean Pierre dont il est ramassé plus tard le cadavre de ce dernier près de la maison MADELIN. Sur ces faits, les allemands ne vont pas plus loin mais le lendemain reprennent leur marche sur Raon. Ils sont encore reçus à coups de fusils tirés par des habitants postés à la côte de Beauregard. Quatre de ceux-ci sont tués : COLIN Jean Baptiste manœuvre, CHAPELIER Nicolas maçon et son fils Paul de 16 ans et MARGO Joseph journalier. Peu de temps après l’arrivée des allemands, le cadavre de PICARD Michel, vieux soldat de guerre de l’Empire médaillé de Sainte-Hélène et agent de police, est retrouvé sur les quais de la Meurthe. Il porte un sabre et un képi. Seul cet homme est tué dans Raon, les autres à La Trouche puis à la côte. L’acte de ceux-ci pouvait entraîner de terribles représailles. Cependant aucune revanche ennemie n’est exercée à Raon et d’un rien, l’ordre d’incendier la ville. La Neuveville compte aussi ses morts. 
Le 5 octobre, en fin de matinée, une fusillade a lieu dans les champs entre le chemin de fer et la forêt. Des hommes courent, quelques-uns tombent. Des deux côtés de la route, il est relevé dans ces champs, six cadavres. Ceux de LETIQUE Jean Baptiste,GAUDIOT Paul, BOULANGER Dominique, SUREAU Joseph, CHAXEL Adolphe et MATHIS Jean Joseph. Les causes exactes de leur mort ne sont jamais décrites. 
Le lendemain de l’entrée des allemands à Raon, un combat se livre dans le brouillard à Nompatelize (88) vers 9 heures. En ces lieux, un bataillon ennemi venant de Raon arrête les progrès de l’armée française. Celles-ci débordées se replient sur le col de Mont-Repos. Les pertes sont lourdes des deux côtés : 404 morts, 436 blessés et 539 disparus. Après cette bataille et en ce qui concerne les prisonniers et blessés français, ils sont amenés à Raon le 6 octobre pour être cantonnés dans l’église Saint-Luc dont les vitraux sont détruits. Ils sont ravitaillés par la population. Des ambulances sont installées dans les écoles, des blessés sont soignés dans des familles et y demeurent jusqu’à la fin de la guerre. Un horloger, MERCIER Léon de Celles sur Plaine, est arrêté puis fusillé par les allemands le 15 octobre en sortie de Raon. L’orphelinat devient le «casino» des officiers allemands.  En novembre 1871, une compagnie est casernée aux halles aménagées à cet effet. Le reste du bataillon cantonne chez l’habitant. Durant ce temps, des baraquements en bois (à l’emplacement actuelle de la gendarmerie avenue du 21ème B.C.P.) sont construits et rapidement achevés pour être occupés à la fin de décembre 1871. Raon est occupée jusqu’au 30 juillet 1873 par l’État d’Allemagne.

LA PRÉSENCE ALLEMANDE


A l’issue de cette bataille, l’ennemi laisse quelques hommes à Raon qui devient calme où les habitants ne connaissent pas de privations, d’isolement, ni de terreur. Mais les réquisitions se multiplient par les exigences matérielles et budgétaires journalières des allemands. 

Le 28 janvier 1871, un armistice est signé. Avec la paix, il faut reconstruire. Néanmoins, l’Allemagne occupe toujours les départements de l’Est. Jusqu’en juillet 1873, Raon a une garnison allemande. Depuis le 11 novembre 1871, est arrivé dans la ville un bataillon du 9ème régiment Poméranien comportant 19 officiers, 643 hommes et 63 chevaux. Une compagnie caserne aux Halles aménagées. Le reste du bataillon cantonne chez les riverains. Le 14 novembre 1872, il est remplacé par le 2ème bataillon du 73ème régiment de fusiliers Honovriens. 

A la sortie de la ville à l’emplacement de la gendarmerie, il est construit par l’architecte GRILLOT des baraquements afin d’accueillir et de loger ces soldats allemands. Dans ces quartiers se déclarent le 23 avril 1872, un incendie dont l’origine reste inconnue détruisant une grande partie. 

L'incendie des baraquements par les Prussiens

A la suite de ce sinistre, une reconstruction est effectuée permettant aux allemands d’être relogés dès le 1er août. L’évacuation de Raon a lieu le 30 juillet 1873. A 9 heures, le 2ème bataillon du 73ème Hanovrien quitte Raon par Baccarat pour rejoindre la frontière. 

Le 15 septembre de cette même année, le dernier soldat allemand part de la ville. Aussitôt chaque fenêtre se pare d’un drapeau, les cloches sonnent, les habitants sont dans les rues menant retraite aux flambeaux jusqu’aux premières heures du jour. Les raonnais manifestent leur joie. 

Arrive ensuite à Raon, le sous-préfet de la Touche avec le lieutenant de gendarmerie mobile NAYOLS accompagnés d’une compagnie du 10ème Bataillon de Chasseurs à Pied dépêchés pour empêcher toutes manifestations populaires. Après avoir évité un incident, ce cortège quitte Raon quelques heures plus tard et les chasseurs mentionnant : « Vive Raon » et les habitants répondent : « Vive l’armée, vive la République ».
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